La majeure partie des sites des candidats est hors la loi #CookieGate
Après plus de 30 jours de travail, de recherches, d’entretiens et de relectures, j’ai eu ce matin la satisfaction du devoir accompli en ouvrant le magazine L’Express :
- Lien vers la version numérique : http://www.lexpress.fr/actualite/politique/elections/presidentielle-les-sites-de-campagne-des-candidats-hors-la-loi_1900396.html
- À noter également le travail et le soutien du journaliste d’investigation Jean-Marc Manach depuis le début de mon projet : http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2017/04/19/presidentielle-les-sites-des-candidats-sont-hors-la-loi/
- Merci à Reynald Fléchaux, journaliste spécialisé IT, pour son article du 20/04/2017 que vous retrouverez sur http://www.silicon.fr/candidats-privacy-internet-faites-ce-que-je-dis-pas-ce-que-je-fais-172753.html
- Merci à Louis Adam de ZDNet pour son article http://www.zdnet.fr/actualites/presidentielle-les-sites-de-candidats-passes-au-crible-sur-les-donnees-personnelles-39851550.htm
- Merci à Ouest Médias pour son résumé de notre article https://www.ouestmedias.com/blog/post/174/veille+%236+et+lecture+digitale+du+we
- Merci à Blandine de Übergizmo http://fr.ubergizmo.com/2017/04/22/presidentielles-sites-internet-candidats-cookies.html
- Merci à Tuxicoman pour son article sur https://tuxicoman.jesuislibre.net/2017/04/9184.html
- Merci à Rayna Stamboliyska pour son analyse complémentaire.
Et oui, vous ne rêvez pas : en bas de page, un petit article intitulé « Sur Internet, les candidats hors la loi ? ».
À l’origine de cet article, un dossier que j’ai eu l’occasion de rédiger en rassemblant toute mon expérience professionnelle sur le sujet, un entretien avec un enseignant-chercheur spécialisé en vie privée, des journalistes dont le journaliste d’investigation le plus célèbre de France, des utilisateurs, de grands acteurs français du numérique et de la vie privée, la CNIL, des amis libristes… Il fait l’objet d’un dossier de plus de 20 pages que vous trouverez ci-dessous et que je vous invite à lire (des éléments ont pu changer depuis la rédaction du dossier, réalisée courant mars). On m’a informé le 20/04/2017 que le site http://fillon2017.fr/ possède désormais un bandeau cookies, qui est l’une des 3 obligations à respecter.
Téléchargez le dossier Cookie Gate
Un grand merci à celles et ceux qui m’ont aidé à rendre la publication de cet article possible (Jean-Marc Manach, Éric Mettout, Jean-Marc Courtiade pour la relecture et la correction du dossier…).
Résumé du dossier sur le Cookie Gate (synthèse)
L’histoire commence il y a quelques mois, lorsque je me suis intéressé de près à l’affaire Snowden. Je me suis alors demandé si des solutions d’analyse d’audience pouvaient être utilisées à des fins d’espionnage économique ou politique. C’est alors que j’ai eu l’idée de consulter les sites internet des candidats à l’élection présidentielle française pour voir s’ils utilisaient des solutions américaines… je n’ai pas été déçu. Non seulement aucun d’entre eux ne respecte scrupuleusement ce que dit la CNIL lorsque l’on utilise l’une de ces solutions — https://www.cnil.fr/fr/cookies-comment-mettre-mon-site-web-en-conformite (il y a 3 obligations à respecter au total ; en mars, aucun ne les respectait toutes) — mais 10 des 11 sites internet utilisent la solution d’analyse d’audience Google Analytics. Pour faire simple, voici ce que Google récupère (toutes les données du tableau ci-dessous sont fictives) :
Le tableau ci-dessus sert simplement à montrer que, sur les serveurs de Google, il y a 10 comptes qui circulent, avec parmi eux, potentiellement, celui du vainqueur du prochain tour de l’élection présidentielle française — en considérant que l’on va rarement consulter le site d’un candidat pour qui on n’ira jamais voter (à noter que le site de Nathalie Arthaud est le seul à ne pas envoyer de données aux États-Unis, c’est pourquoi les données sont à 0).
Et cela ne choque personne ?
Et c’est le plus bluffant dans l’histoire : la réponse est non. J’ai contacté la CNIL ; pour faire simple, le temps de lancer les procédures, les élections seront terminées. Le dossier a été envoyé au Canard enchaîné, à Mediapart, à Next INpact… À part L’Express, qui fait figure d’exception (et je remercie Éric Mettout de l’avoir fait), aucun n’a donné suite pour le moment. En fait, la personne que j’ai trouvée la plus concernée par le sujet n’est pas française : il s’agit d’Amelia Andersdotter, connue entre autres pour être l’une des plus jeunes eurodéputées de l’histoire, qui m’a clairement fait comprendre que les propriétaires des sites des candidats échangent d’une certaine manière la vie privée des internautes contre les services d’un outil gratuit de Google… alors qu’il existe d’autres solutions : AT Internet, Piwik… Point encore plus bluffant dans l’histoire : les discours des candidats sur la politique numérique à adopter (pro-logiciel libre) sont à l’opposé de ce qui est installé sur leurs sites.
Bref, au vu de tout ce que j’ai pu voir et de tous les obstacles que j’ai rencontrés durant ces dernières semaines, je vous propose de participer à la pétition ci-dessous, avec à l’esprit une citation de Mère Teresa :
« Nous sentons bien nous-mêmes que ce que nous faisons n’est rien de plus qu’une goutte d’eau dans l’océan. Mais si cette goutte d’eau n’était pas dans l’océan, elle manquerait. »
Signez la pétition sur change.org
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